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Grand Paris : Synthèse de la conférence "Portuaire, enjeux économiques et dimension maritime du Grand Paris"
La synthèse de la conférence sur le thème "Portuaire, enjeux économiques et dimension maritime du Grand Paris" est désormais disponible en ligne.
Découvrez les principales réflexions Jacques Attali, Claude Gressier, Laurent Castaing et Walter Schoch échangées le 27 mai 2010 à la CCI du Havre.
Conférence jeudi 27 mai 2010 à la CCI du Havre
Thématique : « Portuaire, enjeux économiques et dimension maritime du Grand Paris »
Intervenants
Jacques Attali, chargé d’une mission de réflexion prospective sur les opportunités de développement de l’axe Seine dans le cadre du Grand Paris,
Claude Gressier, président du Conseil de Coordination Interportuaire de la Seine,
Laurent Castaing, président du directoire du GPMH,
Walter Schoch, président de Logistique Seine-Normandie et vice-président de Nov@log.
Le contexte
Après une mission de plusieurs mois sur le terrain, Jacques Attali a rendu ses conclusions et a décliné 50 propositions dans le rapport paru aux éditions Fayard. Les Chambres de « Paris et la mer : la Seine est Capitale »Commerce et d’Industrie de la Seine s’engagent activement dans cette démarche en organisant entre mai et juin 2010 quatre conférences, sur quatre thématiques, dans quatre villes du territoire.
L’approche de Jacques Attali
Ce premier thème, « Portuaire, enjeux économiques et dimension maritime du Grand Paris », apparaît aux yeux de Jacques Attali comme un des enjeux majeurs pour la réalisation du Grand Paris.
En effet, selon lui, ce qui structure le projet même, ce qui fait le lien entre les différentes entités, c’est le fleuve et l’estuaire de la Seine. Dans son rapport d’ailleurs, quinze propositions précises sont consacrées à l’avenir du portuaire.
L’ancien conseiller politique cite l’historien Fernand Braudel pour souligner la nécessité de faire du port du Havre le port de la France. « Une nation n’est rien sans un port, une capitale n’est rien sans un port. » Il a indéniablement des atouts majeurs : il est le premier en eau profonde, il est naturel, il est géographiquement le premier port d’Europe, très proche du centre de consommation français. Des avantages considérables qui pourraient – devraient - faire de lui, non seulement le port de la France, mais aussi le mettre au premier rang européen.
Plus généralement, selon Jacques Attali, le gouvernement a pris la mesure de l’importance du projet en nommant un secrétaire d’Etat au Grand Paris, Christian Blanc et en annonçant officiellement le lancement de cet ambitieux projet en avril dernier.
Cependant, si la nécessité du Grand Paris est aujourd’hui admise par le plus grand nombre, l’urgence de sa mise en œuvre est un défi d’envergure. « Nous sommes à un moment charnière de l’évolution de la construction européenne, où il existe, en France, une réelle volonté politique, une énergie et la possibilité de dégager des moyens financiers. Il faut profiter d’une brève fenêtre d’opportunité, de quelques mois seulement encore, avant qu’il ne soit trop tard. C’est maintenant ou jamais » précise Jacques Attali. « Ce projet doit s’inscrire à tout prix dans l’arbitrage budgétaire 2011, dans une période où l’objectif est de maintenir une dynamique de croissance en lançant de gros projets structurants. »
Il estime que, dans le domaine portuaire, un certain nombre de décisions doivent être maintenant prises très rapidement :
- la mise en place d’une gouvernance globale, qui a débuté avec la nomination d’un ministre d’Etat en charge de ce sujet,
- l’intégration des organes de commandement des ports
- l’intégration de stratégies en matière de fret
- le tracé précis de la LGV (Ligne à Grande Vitesse)
- le basculement des plateformes logistiques vers l’ouest du pays
Pour que cette dynamique devienne une réalité dans le très court terme, que les financements soient dégagés, une cohésion politique locale lui paraît indispensable, avec une coordination de chacune des entités (ports - CCI- villes – départements - régions) pour « exercer une pression permanente sur l’appareil d’Etat afin que ce projet devienne une des priorités du gouvernement français ».
Les défis selon les acteurs locaux du monde portuaire
Selon Claude Gressier, président du Conseil de Coordination Interportuaire de la Seine, la volonté des différents acteurs locaux de travailler ensemble est concrète puisqu’il existe d’ores et déjà « une politique de promotion commune aux trois ports avec une politique commerciale unique. La prochaine étape sera la mise en place de la gouvernance commune. Les présidents des autorités portuaires doivent expliquer au Conseil les démarches à entreprendre pour l’établir. » Il faut parallèlement apporter des améliorations en termes de transports, notamment en développant le fluvio-maritime, mais aussi sur le ferroviaire pour offrir une meilleure desserte de l’hinterland. L’organisation de l’accueil des containers en Ile-de-France et une politique nouvelle en matière de logistique doivent également être rapidement mises en place.
| Pour que le Havre devienne le premier port français, voire européen, Laurent Castaing, président du directoire du GPMH, donne ses clefs : « L’urgence n’est pas qu’un problème budgétaire. Aujourd’hui, le grand port de Paris est certainement Anvers. Pour changer la donne, il faut que le Havre soit un port beaucoup plus performant. Nous devons aussi repenser toute l’organisation du fret. » La création d’une véritable continuité entre les différents ports de l’axe Seine lui parait aussi urgente. Par ailleurs, la création de la LGV lui semble incontournable et indispensable : « les effets de l’arrivée du train à grande vitesse sont révolutionnaires en tant que vecteur de dynamisation et d’attractivité ». | |
| La priorité, selon Walter Schoch, président de Logistique Seine-Normandie et vice-président de Nov@log, c’est de penser avant tout à l’aménagement du territoire. « Il y a 15 ans, il y avait une méconnaissance de la part des Havrais de l’importance de leur port et de la Seine. Les mentalités ont bien changé. Dans les métiers de la logistique, tout le monde est aujourd’hui convaincu que l’axe Seine est un levier incontournable de développement. Mais pour répondre à cette nécessité d’aménagement, la réglementation française est trop lourde ; sanctuariser une partie des boucles de la Seine Normande est un frein à l’action, et donc à ce projet ambitieux du Grand Paris. Nos entreprises sont responsables, respectueuses de l’environnement, il faut dépasser ce débat, ces clivages. » | |
| Claude Gressier renchérit sur ce sujet en reprenant les termes de Jacques Attali, quand il affirme qu’il faut « repenser les paysages de la Seine, les grands jardins du Grand Paris ». Pour le président du Conseil Interportuaire, on ne peut pas parler d’évolution sans penser à l’aménagement. La coordination lui semble déterminante sur ce sujet, notamment avec les ministres en charge de l’aménagement du territoire et de l’environnement. |
Un port performant, une région entreprenante
Pour les quatre intervenants, si les secteurs du portuaire et du maritime ont le devoir de devenir plus compétitifs, le dynamisme de la région normande doit devenir exemplaire : cohésion et action régionales, accroissement et diversification de l’activité économique, attractivité pour les plus jeunes en créant écoles, universités et emplois, facilités d’accès de la région aussi bien pour les décideurs français qu’étrangers. Un chantier vaste, mais une condition sine qua non à la faisabilité et à la réussite du projet ambitieux - mais néanmoins accessible - qu’est le Grand Paris.
Une prochaine étape politique
L’écueil à éviter, d’après Jacques Attali, est de faire de la fusion des régions normandes un préalable au projet, car devant l’urgence des échéances, la fusion n’est pas primordiale pour sa concrétisation.
D’après l’ancien conseiller, maintenant que la démarche est officiellement amorcée, la balle est dans le camp du ministre en charge du Grand Paris. « Comment va-t-il traduire concrètement la mission dont il a été chargé ? ». Des réponses que Jacques Attali souhaite très rapides.
Les prochaines conférences :
• Vendredi 11 juin à 9h au Théâtre des 3 Colombiers à Notre-Dame-de-Gravenchon : « Le développement industriel de la vallée de la Seine et sa coordination avec le développement du Grand Paris »
• Mercredi 16 juin à 17h30 à la Faculté de droit de Rouen : « La formation et l’économie des savoirs »
• Mercredi 30 Juin à 17h30 au CID de Deauville : « La culture et le tourisme, leviers d’attractivité d’un territoire ».
